L'économie haïtienne

Depuis l'indépendance, la République d'Haïti peine à amorcer son développement économique et sociale. Elle a du faire face dès sa création à plusieurs problèmes notamment le cout de la guerre pour l'indépendance et la lourde indemnisation de 150 millions de franc-or imposée par la France en 1825. De plus, les incessantes luttes pour le pouvoir, la mauvaise gouvernance économique, les multiples catastrophes naturelles joints à l'ingérence des puissances étrangères durant des décennies ont placé le pays au rang des plus appauvris. "Être pauvre relève du domaine descriptif et constitue donc un état de fait. On ne peut que constater ce fait à un moment donné dans le temps. En revanche, être appauvri relève du domaine de la volonté. C'est le résultat, conscient ou non, d'un processus. Dans un langage actualisé axé sur le politiquement correct, la sémantique revêt une importance considérable. Elle renseigne davantage sur le processus que sur une instantanéité choisie."

Les secteurs d'activités économiques

L'économie haïtienne dépend principalement de trois secteurs classiques qui constituent les piliers de l'économie. Chacun de ces secteurs est confronté à des défis majeurs et spécifiques qui entravent leur développement.

1. Le secteur primaire 

Ce secteur est grandement dominé par l'agriculture. Cette dernière activité est malheureusement exposée aux aléas climatiques. Les agriculteurs, souvent appelés "paysans", ne disposent pas de technologie adéquate pour augmenter leur productivité. En plus de cela, l'investissement dans ce secteur est faible, il y a un manque d'encadrement technique, et les ressources agricoles sont rares. De plus, les paysans sont régulièrement victimes des cyclones qui frappent le pays chaque année. À cela s'ajoute la diminution de la taille des exploitations agricoles, l'érosion des sols, ainsi que l'absence de capacité de stockage et de transport, comme indiqué dans un rapport spécial de la FAO en 2010.

2. Le secteur secondaire 

Il comprend notamment l'activité industrielle portée  principalement par les industries manufacturières. Ces industries sont concentrées dans les zones franches et se spécialise dans dans le domaine de la sous-traitance. Leur activités consistent dans l'assemblage de produits destinés à l'exportation, tels que les vêtements et les chaussures, etc.

3. Le secteur tertiarie

Il est est dominé par les activités de services tels que les services financiers ou le tourisme. Bien que ce dernier secteur présente un potentiel considérable,  il reste néanmoins peu développé.

Analyse de l'activité économique

Les statistiques sur les secteurs d'activités économiques sont produites par l'Institut Haïtien de Statistiques et Information (IHSI). Ces données sont disponible dans les comptes économiques publiés annuellement. L'analyse des ces données montre qu'en 2022, l'économie haïtienne a subi une contraction de 1,7%, marquant ainsi une tendance négative persistante après trois années consécutives de régressions du Produit Intérieur Brut (PIB). Cependant, on observe une atténuation de la contraction, passant de 2,9% en 2020 à 2,76% en 2021 pour finalement se stabiliser à 1,7% en 2022.La croissance du PIB est particulièrement impactée par les fluctuations d'activité dans le secteur tertiaire, qui représente 57,2% de la valeur ajoutée totale. Il est notable que la part de ce secteur dans le Produit Interieur Brut augmente en moyenne d'un point de pourcentage chaque année. L'amélioration de la contraction observée dans le secteur secondaire est attribuable à une reprise d'activité dans la branche de la fabrication, bien que d'autres branches, telles que la construction, la distribution et la vente, continuent de régresser.Selon les données de la Banque mondiale, en 2022, la valeur du PIB s'élève à USD 20,25 milliards, ce qui est 5,6 fois moins que celle de la République dominicaine. La production par habitant est de USD 1  748,3 comparativement à 10  111,2 pour la République dominicaine. Le graphique ci-dessous présente les principaux indicateurs économiques des quatre dernières années. Il montre que le volume de la consommation annuelle dépasse en moyenne le niveau de la production de 17,9 %. L'écart entre la consommation et la production se creuse, car la consommation affiche une tendance à la hausse, tandis que le volume de la production diminue de 8,25 % entre 2018 et 2022.
En ce qui concerne la balance commerciale, le niveau des exportations demeure faible par rapport aux importations. Haïti importe cinq fois plus qu'elle n'exporte en 2022, alors que ce chiffre était de quatre en 2017. Cette situation aggrave le déficit commercial et a de graves conséquences sur la balance des paiements. Le volume d'investissement, censé renforcer l'appareil productif, demeure très faible. Son niveau a baissé de 39.7% entre 2017 et 2022. voisine

Principaux freins au développement

L'entrave au développement économique du pays peut s'expliquer par des problèmes à la fois structurelles et conjoncturelles. L'instabilité politique, la vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles; le manque de financement; le fardeau de la dette, l'absence de véritables politiques d'industrialisation sont autant de freins à la croissance et au développement du pays.  

Potentiels économiques

En dépit des difficultés auxquelles elle fait face, Haïti possède des potentialités majeures qu'elle peut exploiter. Elle a une population jeunes qui constitue une main-d'œuvre à bon marché. En plus, elle dispose des ressources naturelles non encore exploitées. Sa position stratégique au cœur de la caraïbe fait du pays une destination touristique. Son histoire, son patrimoine culturel, ses belles plages pittoresques, ses monuments historiques, sont autant d'atouts qu'il peut exploitée pour promouvoir l'industrie du tourisme. Une politique active de développement du tourisme et des investissements massifs dans les infrastructures de base peut apporter beaucoup de devises à l'économie haïtienne.